Minister of Foreign Affairs Jean-Marc Ayrault Speaks About the Value of Literature at the Cultural Services

June 14, 2016 | By French Culture

On June 9, 2016, Minister of Foreign Affairs and International Development Jean-Marc Ayrault visited the Cultural Services of the French Embassy in New York on the occasion of the Franco-American Children’s Book Publishers Conference, presented by the International Bureau of French Publishing (Bureau International des Editeurs Français). After taking a tour around Albertine, the reading room and bookshop located within the Cultural Services of the French Embassy, Minister Ayrault delivered remarks about cultural diplomacy and the importance of literature as a tool for international cooperation. He honored Françoise Mouly, 2012 recipient of the French Legion of Honor, art editor of The New Yorker, and founder of Toon Books, for her achievements as a writer, editor, and publisher. Ms. Mouly closed the evening with insightful words about the value of art—and specifically graphic novels—as a form of valuing and interpreting a culture.

Read Minister Ayrault's speech and watch a video of Ms. Mouly's speech below. 

Monsieur l’ambassadeur, Cher Gérard Araud,

Madame la conseillère culturelle, Chère Bénédicte de Montlaur,

Monsieur le directeur du Bureau international de l’édition française, Cher Jean-Guy Boin,

Chère Françoise Mouly,

Chers éditeurs français et américains,

Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Je suis particulièrement heureux d'être parmi vous ce soir. Même s’il est souvent accusé de raconter des histoires, il n’est pas très fréquent qu’un ministre des Affaires étrangères participe à une rencontre consacrée aux livres pour enfants.

Ma présence témoigne de l’importance que j’accorde à ce que l’on a coutume de nommer la diplomatie culturelle. La diffusion du livre français dans le monde est pour mon Ministère une priorité.

Vous le savez, le livre est la première industrie culturelle française. Et derrière la littérature générale, le livre pour la jeunesse arrive en deuxième place. Il est en forte progression. Il est aussi l’un de nos meilleurs produits d’exportation et compte pour plus d’un tiers des contrats de cession signés avec les éditeurs étrangers.

Cette force, nous la devons à des politiques publiques ambitieuses et à l’une d’entre elles en particulier : le prix unique du livre. Le prix unique est appliqué partout dans notre pays et permet de soutenir toute la chaîne du livre, en particulier les éditeurs indépendants et les librairies physiques. C’est la condition pour une vraie diversité des auteurs et des éditeurs : pas moins de 90 éditeurs publient ainsi régulièrement des livres pour la jeunesse.

Je félicite chaleureusement le Bureau international de l’édition française (BIEF) et la French Publishers’ Agency à New York pour l’organisation de ces rencontres.

Réfléchir collectivement à la manière de développer l’édition jeunesse française aux Etats-Unis et créer l’opportunité de rencontres individuelles entre éditeurs : voilà deux manières très concrètes de renforcer les liens amicaux, intellectuels et commerciaux entre nos deux pays.

Je voulais donc témoigner ce soir tout mon soutien au travail que vous accomplissez, vous, éditeurs français et américains.

Avec vous, et à travers l’action déterminée du service culturel de l’Ambassade de France aux Etats-Unis, beaucoup est fait pour améliorer la connaissance des auteurs français outre-Atlantique. L’on ne compte plus les tournées dans tous les Etats-Unis, les événements ici-même, mais aussi dans les librairies, les institutions culturelles, les universités et les écoles, les festivals thématiques ou encore les programmes d’aide à la traduction et envoi d’éditeurs en France.

J’ai d’ailleurs le plaisir de vous annoncer qu’à l’automne aura lieu à New York une grande opération de promotion de la bande dessinée franco-belge, soutenue par le Centre national du livre et BIEF et accompagnée par les Services culturels de l’Ambassade.

La librairie Albertine, qui a reçu un soutien américain important, est un formidable exemple de la fructueuse collaboration entre nos deux pays. Nous allons bientôt célébrer son deuxième anniversaire. Le premier bilan, me dit-on, est très positif : en un an et demi d’existence, la librairie a vendu plus de 63 000 ouvrages – soit un toutes les quatre minutes. Elle a atteint l’équilibre financier dès la fin de la première année, ce qui est exceptionnel pour une librairie, mais ce n’est pas à des éditeurs que je vais apprendre cela.

La librairie Albertine est vite devenue le cœur du dispositif que déploient le service culturel de l'Ambassade, le fer de lance de notre appui aux professionnels du livre français et américains. Vous avez pu le constater, la littérature pour la jeunesse y tient une place de choix.

Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Par cette rencontre, j’ai souhaité marquer tout mon soutien à l’édition, mais aussi rendre hommage à l’une des figures essentielles de ce lien si profond qui unit nos deux pays.

Chère Françoise Mouly, à travers votre travail d’auteur, d’éditrice et de directrice artistique, vous êtes l’une des figures emblématiques de ces échanges entre la France et les Etats-Unis.

En 1974, lorsque vous interrompez provisoirement vos études d’architecture aux Beaux-Arts à Paris, c’est pour prendre une année sabbatique aux Etats-Unis, avec 200 dollars en poche. Vous tombez amoureuse de New York et décidez d’y rester.

Vous logez alors dans une auberge de jeunesse et même à l’Armée du salut et enchaînez les emplois les plus divers : vendeuse de cigarettes, conceptrice de maquettes d’architecture, peintre en bâtiment. Vient ensuite la rencontre avec Art Spiegelman, qui n’a pas encore publié Maus et qui deviendra votre mari en 1977.

C’est ici, chère Françoise Mouly, que vous allez déployer vos talents de créatrice et d’entrepreneuse. En 1978, vous fondez votre maison d’édition, Raw Books and Graphics. Puis, avec Art Spiegelman, vous créez Raw Magazine, qui deviendra rapidement une pépinière pour les jeunes artistes prometteurs.

En 2000, vous concevez Raw Junior division et publiez dans ce cadre Little Lit, des compilations de comics pour enfants. En 2008, vous fondez Toon Books, une maison d’édition de bandes dessinées bilingues pour enfants, avec des auteurs et illustrateurs de premier plan comme Yvan Pommeaux, Claude Ponti, Philippe Coudray ou encore la mythique Nadja.

Votre renommée, vous la devez également au travail accompli depuis 23 ans pour le New Yorker. En 1993, vous êtes recrutée en tant que directrice artistique : vous êtes alors chargée de relancer les couvertures et illustrations qui font la notoriété de l’hebdomadaire dans le monde entier.

Chaque semaine, vous confiez la couverture à un artiste différent, et des artistes français comme Sempé, Loustal ou Floch – pour ne citer qu’eux – ont ainsi eu cet honneur.

Vous êtes enfin un précieux soutien pour les services culturel et avez ainsi animé plusieurs débats ici-même, le dernier en date à l’automne dernier pour le festival Albertine.

C’est pour toutes ces raisons que le Président de la République vous a décerné la Légion d’honneur, qui vous a été remise lors d’une cérémonie intime à Paris.

Aujourd’hui, nous tenions à célébrer cet honneur avec vos amis et collègues, à New York, là où vous avez poursuivi, et continuez de poursuivre, votre étonnante et formidable carrière.

Mesdames et Messieurs,

Le livre de jeunesse et la création artistique sont de formidables passerelles entre les jeunes de nos deux pays. Vous en êtes ce soir « l’illustration ».

Je vous remercie.

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